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 le virus

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atlantic

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Date d'inscription : 13/01/2006

MessageSujet: le virus   Dim 22 Juin - 18:12

Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier.
Les virus existent sous une forme extracellulaire ou intracellulaire.
Sous la forme intracellulaire (à l'intérieur de la cellule hôte), les
virus sont des éléments génétiques qui peuvent se répliquer de façon
indépendante par rapport au chromosome,
mais non indépendamment de la cellule hôte. Sous la forme
extracellulaire, les virus sont des objets particulaires, infectieux,
constitués au minimum d'un acide nucléique et de protéines.
La virologie est la science qui étudie les virus. Elle est étudiée par des virologues ou des virologistes.
Le mot virus est issu du latin virus, i (neutre) qui signifie « poison ». Se terminant par un s, il ne prend pas de marque particulière au pluriel en français[/url].



Caractéristiques

[url=http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Virion.png]


Structure de base d'un virus.





Un virus se caractérise par son incapacité à se multiplier seul par
division. Il a besoin pour cela d'utiliser une cellule hôte : un virus
est un parasite intracellulaire obligatoire. Il est composé d'une molécule d'acide nucléique (soit d'ADN soit d'ARN, simple ou double brin) entourée d'une coque de protéines appelée la capside et parfois d'une enveloppe. Il ne possède en général aucune enzyme pouvant produire de l'énergie. Les virus sont le plus souvent de très petite taille (comparée à celle d'une bactérie par exemple), en règle générale inférieure à 250 nanomètres ; toutefois, le mimivirus
a une taille de 400 nm, ce qui le rend plus gros que les plus petites
bactéries. Ce dernier a aussi la particularité de posséder à la fois de
l'ADN et de l'ARN.
La forme libre du virus (ou particule virale) s'appelle le virion.
Il existe une très grande diversité de virus, estimé en 2007 à 1031 qui est bien plus que la diversité des trois règnes (Bacteria, Archaea, Eukaryota) réunis [/url].
Tous
les êtres vivants peuvent être infectés par des virus. Il existe des
virus de bactéries (les
[url=http://fr.wikipedia.org/wiki/Bact%C3%A9riophage]bactériophages
), des virus d'Archaea, des virus d'algues (Phycodnaviridae),
des virus de plantes, des virus fongiques, des virus d'invertébrés, des
virus de vertébrés chez lesquels on trouve de nombreux agents
pathogènes.

Découverte


Les maladies virales comme la rage, la fièvre jaune, la variole, affectent les humains depuis des siècles. Des hiéroglyphes mettent en évidence la Poliomyélite dans l'Égypte antique, les écrits de l’Antiquité gréco-romaine
et d’Extrême-Orient décrivent certaines maladies virales. Cependant, la
cause de ces maladies est restée inconnue pendant longtemps. À la fin
du XIXe siècle, la conception d’agents infectieux qui n’étaient ni des bactéries, ni des champignons, ni des parasites était encore difficile.
Entre 1887 et 1892, le botaniste russe Dimitri Ivanovski étudia une maladie végétale, la mosaïque du tabac, et montra que la sève des plans malades contenait un agent infectieux qui n’était pas retenue par les filtres Chamberland conçu par le biologiste du même nom. Ivanovski pensait qu’il s’agissait d’une toxine ou bien d’une très petite bactérie. C’est le chimiste hollandais Martinus Beijerinck qui approfondit ces travaux et écarta l’hypothèse bactérienne, et dénomma le phénomène Contagium vivum fluidum. À la même époque, le virus de la fièvre aphteuse est le premier virus identifié par Friedrich Loeffler et Paul Frosch. Le virus de la fièvre jaune est le premier virus pathogène de l’Homme identifié entre 1900 et 1902.
C’est pendant la Première Guerre mondiale que l’anglais Frederick Twort et le microbiologiste franco-canadien Félix d'Hérelle
mettent en évidence le phénomène de « lyse transmissible » observable
par la lyse des bactéries cultivées en milieu solide. Ce phénomène est
dû à un virus de bactéries que Félix d'Hérelle baptisa bactériophage.
Les virus des plantes, des animaux, de l’Homme et des bactéries étaient
ainsi découverts et leurs listes ne cessèrent de s’allonger au cours du
XXe siècle. L’apparition de la microscopie électronique dans les années 1930 permis l’observation des virus, mais on ne savait toujours pas à cette époque ce qu’ils étaient réellement.
Le biochimiste américain Wendell Stanley cristallisa le virus de la mosaïque du tabac sous forme de cristal protéique en 1935. L'année suivante des études complémentaires montrèrent que ce cristal contenait également de l’ARN.
Les études ultérieures montrèrent que selon les virus étudiés, ceux-ci
étaient composés soit de protéines et d’ARN, soit de protéines et
d’ADN. C’est en 1957 que André Lwoff proposa une définition claire et moderne des virus.
À partir des années 1960, le développement des cultures cellulaires, de la microscopie électronique, puis de la biologie moléculaire
permit aux scientifiques de progresser dans la compréhension des
mécanismes de réplication des virus, dans la réalisation de diagnostics
fiables et dans l’élaboration de vaccins....
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atlantic

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MessageSujet: Re: le virus   Dim 22 Juin - 18:13

Origine


Il existe plusieurs hypothèses concernant l'origine et l'évolution
des virus. Il est probable que tous les virus ne dérivent pas d'un même
ancêtre commun et les différents virus peuvent avoir des origines
différentes.

  • Les virus et les cellules ont pu apparaître dans la soupe primordiale
    en même temps et évoluer parallèlement. Dans ce scénario, au début de
    l’apparition de la vie, les plus anciens systèmes génétiques
    d'auto-réplication (probablement de l'ARN)
    sont devenus plus complexes et se sont enveloppés dans un sac lipidique
    pour aboutir au progénote à l'origine des cellules. Une autre forme
    réplicative aurait pu garder sa simplicité pour former des particules
    virales.
  • Les virus pourraient dériver de cellules ayant subi une régression.
    D'après cette hypothèse, les ancêtres des virus auraient été des êtres
    vivants libres ou des micro-organismes devenus des prédateurs ou des parasites dépendants de leur hôte. Les relations de parasitisme entraînent la perte de nombreux gènes (notamment les gènes pour le métabolisme apportés par l'hôte). Cet organisme aurait co-évolué avec la cellule hôte et n'aurait conservé que sa capacité à répliquer son acide nucléique et le mécanisme de transfert de cellule à cellule. Cette hypothèse s'appuie notamment sur l'existence des rickettsies,
    petites bactéries ayant régressé à un tel point qu'elles ne peuvent
    survivre que dans une cellule hôtes, et rappelant les virus.
  • Les virus peuvent avoir pour origine des morceaux d'acides nucléiques qui se sont « échappés » du génome
    cellulaire pour devenir indépendants. Ce phénomène pourrait avoir eu
    lieu lors d’erreurs au cours de la réplication du matériel génétique.
    Les virus pourraient aussi avoir pour origine des plasmides (molécules d’ADN circulaires) ou des transposons (séquence d'ADN capable de se déplacer et de se multiplier dans un génome).


Structure



Microscopie électronique de plusieurs polyomavirus.

Une particule virale complète, appelé virion, est composée d’un filament d’acide nucléique, généralement stabilisé par des nucléoprotéines basiques, enfermé dans une coque protéique protectrice appelée capside.
La forme de la capside est à la base des différentes morphologies des
virus. La taille des virus se situe entre 10 et 400 nm. Les génomes des virus ne comportent que de quelques gènes à 1 200 gènes. Le plus petit virus connu est le virus delta qui parasite lui-même celui de l'hépatite B. Il ne comporte qu'un seul gène. Le plus gros virus connu est le mimivirus avec un diamètre qui atteint 400 nanomètres et un génome qui comporte 1 200 gènes.

Acide nucléique

Article détaillé : Acide nucléique.

Le filament d'acide nucléique peut être de l'ADN ou de l'ARN. Il représente le génome
viral. Il peut être circulaire ou linéaire, bicaténaire (double brin)
ou monocaténaire (simple brin). Le génome sous forme d'ADN est
généralement bicaténaire. Le génome sous forme d'ARN est généralement
monocaténaire et peut être à polarité positive (dans le même sens qu'un
ARN messager) ou à polarité négative (complémentaire d'un ARN
messager). Le peloton central d'acide nucléique est dénommé nucléoïde.

Capside

Article détaillé : Capside.

La capside est une coque qui entoure et protège l'acide nucléique
viral. Elle est constituée par l'assemblage de structures protéiques.
La capside est constituée de sous-unités protéiques appelées
protomères. L'ensemble capside et nucléoïde est nommé nucléocapside.
La structure de la capside entraîne la forme du virus, ce qui permet de
distinguer deux groupes principaux de virus : les virus à symétrie cubique et les virus à symétrie hélicoïdale...
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MessageSujet: Re: le virus   Dim 22 Juin - 18:33

Enveloppe


De nombreux virus sont entourés d'une enveloppe (ou péplos)
qui prend naissance au cours de la traversée des membranes cellulaires.
Sa constitution est complexe et présente un mélange d'éléments
cellulaires et d'éléments d'origine virale. On y trouve des protéines, des glucides et des lipides. Les virus possédant une enveloppe sont les virus enveloppés. Les virus ne possédant pas d'enveloppe sont les virus nus.


Virus icosaédriques


virions icosaédriques au microscope électronique







La capside icosaédrique entraîne une apparence sphérique du virus.
Les protomères sont organisés en capsomères, disposés de manières
régulières et géométriques. Une capsomère, en forme d’anneau, est
composée de cinq ou six protomères.
Parmi les virus icosaédriques, les parvovirus ont une capside formée de 12 capsomères, les poliovirus 32 capsomères, les papillomavirus 72 capsomères tandis que la capside des adénovirus est constituée de 252 capsomères.

Virus hélicoïdaux


Schéma d’une capside hélicoïdale







Ces virus sont de longs cylindres (300 à 400 nm), creux, composés
d’un type de protomère enroulé en spirale hélicoïdale. Ils peuvent être
rigide ou flexible. Le matériel génétique est logé à l’intérieur du
tube. Le virus de la mosaïque du tabac est un exemple de virus hélicoïdal très étudié.

Virus enveloppés


Schéma d’un virus enveloppé : le VIH







En plus de la capside, certains virus sont capable de s’entourer
d’une structure membranaire emprunté à la cellule hôte. Cette enveloppe
membranaire est composé d’une bicouche lipidique qui peut posséder des
protéines codées par le génome viral ou le génome de l’hôte. Cette
enveloppe donne quelques avantages aux virions par rapport à ceux
composés d’une capside seul, comme la protection vis-à-vis d’enzymes ou
de composés chimiques. Les virus enveloppés sont par contre plus
fragiles dans l'environnement extérieur, sensibles aux détergents et à
la dessiccation. Les glycoprotéines, formant des spicules, fonctionnent comme des récepteurs permettant de se fixer sur des cellules hôtes spécifiques.
Le virus de la grippe (famille des Orthomyxoviridae), le virus du SIDA (famille des Retroviridae) sont des exemples de virus enveloppés.

Virus complexes


Schéma d’un bactériophage







Ces virus possèdent une capside symétrique qui n’est ni hélicoïdale, ni vraiment icosaédrique. Les bactériophages comme le phage T4 d’Escherichia coli
sont des virus complexes possédant une tête icosaédrique liée à une
queue hélicoïdale à laquelle sont attachés des poils et des fibres
caudales.
Le poxvirus
est aussi un exemple de virus complexe. C'est le virus animal parmi les
plus grands (250 à 350 nm de long sur 200 à 250 nm de large. Certains
virus se présentent sous formes bacillaires. C'est le cas du virus de
la rage (famille des Rhabdoviridae) et du virus Ebola.
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MessageSujet: Re: le virus   Dim 22 Juin - 18:35

Classification

Article détaillé : Classification des virus.

Les virus sont classifiés selon la nature de l'acide nucléique de leur génome (ADN ou ARN),
la structure de l'acide nucléique (monocaténaire ou bicaténaire), la
forme de l'acide nucléique (linéaire, circulaire, segmenté ou non). Les
données morphologiques peuvent également être prises en compte
(présence ou absence d'enveloppe, symétrie de la capside). Souvent, le sérogroupage est encore utilisé pour raffiner la définition des différences entre virus très proches.

Multiplication virale


Les virus ne peuvent se multiplier qu’au sein de cellules vivantes,
par réplication de leur acide nucléique. C’est l’interaction du génome
viral et de la cellule hôte qui aboutit à la production de nouvelles
particules virales. L’infection d’une cellule par un virus, puis la
multiplication du virus peuvent se résumer en différentes étapes.
Toutefois, après pénétration du virus dans la cellule, ces étapes
peuvent différer selon la nature du virus en question et notamment
selon qu’il s’agit d’un virus à ADN ou d’un virus à ARN.

  • L'attachement ou adsorption : au cours de cette étape, il y a liaison d’une protéine
    virale à un récepteur de la surface cellulaire. Les récepteurs
    eucaryotes peuvent être soit des glycoprotéines, soit des
    glycosphingolipides. Les récepteurs des bactériophages
    sont des glycoprotéines ou des lipopolysaccharides. Les cellules
    végétales ne possèdent pas de récepteurs spécifiques aux virus.
  • La pénétration : selon les virus, il existe plusieurs mécanismes de pénétration du virus à l’intérieur de la cellule. Chez les bactériophages, seul le génome
    viral pénètre dans la cellule bactérienne. Chez les virus animaux le
    virus peut pénétrer par plusieurs mécanismes. Le virus peut pénétrer
    par pinocytose : la nucléocapside virale, entourée de la membrane plasmique
    pénètre dans la cellule. C’est souvent le cas des virus nus. Dans le
    cas des virus enveloppés, le virus peut pénétrer soit par fusion (il y
    a fusion de l’enveloppe virale et de la membrane plasmique cellulaire) soit par endocytose (il y a accumulation de particules virales dans des vésicules cytoplasmiques).
  • La décapsidation après la pénétration (ou en même temps), il y a libération de l’acide nucléique. Selon les virus, la décapsidation peut avoir lieu dans le cytoplasme ou dans le noyau.
  • La réplication ou multiplication virale : lors de cette phase, il y a réplication du génome, expression du génome sous forme d’ARNm (transcription) et traduction des ARNm en protéines par la machinerie cellulaire. Selon les types de virus et la nature de leur génome, le mécanisme de la multiplication virale peut être très différent.
  • L'assemblage (phase de maturation) : il y a assemblage et maturation des virus dans les cellules infectées. Il y a encapsidation du génome. Les virus enveloppés acquièrent leur enveloppe par bourgeonnement, au détriment de la membrane plasmique ou de la membrane nucléaire de la cellule-hôte.
  • La libération : le virus reconstitué est libéré à l’extérieur de la cellule.


Culture des virus



Culture de virus : technique des plages de lyse.





Afin de mieux connaître leur biologie, leur multiplication, leur cycle de reproduction et éventuellement afin de préparer des vaccins,
il est nécessaire de cultiver les virus. Ceux-ci peuvent se multiplier
uniquement au sein de cellules vivantes. Les virus infectant les
cellules eucaryotes sont cultivées sur des cultures de cellules
obtenues à partir de tissus animaux ou végétaux. Les cellules sont
cultivées dans un récipient en verre ou en plastique, puis sont
infectées par le virus étudié. Les virus animaux peuvent aussi être
cultivés sur œufs embryonnés et parfois chez l’animal, lorsque la
culture in vitro est impossible. Les virus bactériens peuvent également
être cultivés par inoculation d’une culture bactérienne sensible. Les
virus de végétaux peuvent aussi être cultivés sur des monocouches de
tissus végétaux, des suspensions cellulaires ou sur des plantes
entières.
Les virus peuvent ensuite être quantifiés de différentes manières.
Ils peuvent être comptés directement grâce à la microscopie
électronique. Dans le cas des virus bactériens, la technique des
plaques (ou plages) est très utilisée pour évaluer le nombre de virus
dans une suspension. Une dilution de suspension virale est ajouté à une
suspension bactérienne, puis l’ensemble est réparti dans des boîtes de Petri.
Après culture, des zones claires (plages) à la surface de la gélose
sont la conséquence de la destruction d’une bactérie et des bactéries
adjacentes par un virion.
Les virus peuvent être purifiés grâce à diverses méthodes de biochimie (centrifugation différentielle, précipitation, dénaturation, digestion enzymatique).
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atlantic

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MessageSujet: Re: le virus   Dim 22 Juin - 18:43

Débat sur son statut de forme de vie


Les virus possèdent des constituants en commun avec les cellules vivantes, comme un acide nucléique (ADN ou ARN) et des protéines. Cependant, selon la définition du biochimiste Wendell Stanley,
les virus sont de « simples » associations de molécules biologiques.
Ils sont le fruit d’une auto-organisation de molécules organiques et ne
sont donc pas vivants. François Jacob insiste aussi sur cette caractéristique des virus : « placés en suspension dans un milieu de culture, ils ne peuvent ni métaboliser, ni produire ou utiliser de l’énergie, ni croître, ni se multiplier, toutes fonctions communes aux êtres vivants »[3].
Les virus ne peuvent se multiplier qu’en utilisant l’équipement
enzymatique d’une cellule vivante. De plus, les virus contiennent bien
un acide nucléique, de l’ADN ou de l’ARN mais jamais les deux, à la
différence des cellules vivantes.
Néanmoins, au cours des dernières années, la description de nouveaux
virus relance le débat sur le caractère vivant ou non vivant des virus.
Le Mimivirus, infectant une amibe, possède dans son génome 1 200 gènes, soit plus que certaines bactéries. De plus certains de ces gènes participeraient à la synthèse protéique et à des mécanismes de réparation de l’ADN [4].
Il existe chez le mimivirus une trentaine de gènes présents
habituellement chez les organismes cellulaires mais absents chez les
virus. Par ailleurs, le virus ATV d’archéobactéries
présente lui aussi des caractéristiques étonnantes. Ce virus en forme
de citron présente la particularité de se modifier en dehors du
contexte cellulaire par un mécanisme actif. Il est capable de
s’allonger à chaque extrémité à une température de 80°C, température à
laquelle vit son hôte Acidianus à proximité des sources hydrothermales[5].
Les virus ont aussi un rôle dans l’évolution. Patrick Forterre
propose même l’hypothèse que les virus seraient les « inventeurs » de
l’ADN [6]. À l’origine de la vie,
l’ARN dominait (hypothèse du monde à ARN) et assurait à la fois les
fonctions de stockage et transmission de l’information génétique et de
catalyse des réactions chimiques. L’ADN serait apparu ensuite et
sélectionné en raison de sa plus grande stabilité. D’après Patrick
Forterre le premier organisme à ADN serait un virus. L'ADN conférerait
au virus le pouvoir de résister à des enzymes dégradant les génomes
à ARN, arme de défense probable des protocellules. On retrouve le même
principe chez des virus actuels, qui altèrent leur ADN pour résister à
des enzymes produites par des bactéries infectées.
Le débat entre le caractère vivant ou inerte des virus est encore
aujourd’hui ouvert. Répondre à cette question en amène une autre :
qu’est-ce que la vie ? D’après Ali Saïb, « la
notion du vivant est une notion dynamique, évoluant en fonction de nos
connaissances. En conséquence, la frontière entre la matière inerte et
le vivant est tout aussi instable » [7].

Virus des procaryotes



Bactériophages au microscope électronique.





Il existe deux catégories de virus de procaryotes selon le type d’hôte qu’ils parasitent. La première catégorie regroupe ceux qui infectent les bactéries et sont appelés bactériophages. La deuxième catégorie regroupe ceux qui infectent les archaeobactéries. Il existe quatre grands groupes morphologiques de virus de procaryotes.

  • Les virus à symétrie binaire. Ce groupe représente près de 96% des virus de procaryotes et correspond aux familles des Myoviridae, des Siphoviridae et des Podoviridae.
  • Les virus à symétrie cubique avec une capside icosaédrique mais pas de queue comme les Microviridae.
  • Les virus à symétrie hélicoïdale qui ont une forme de filaments comme les Inoviridae comme le phage M13.
  • Les virus pléomorphes, sans capsides véritable mais possédant une
    enveloppe. Ce groupe rassemble six familles de virus dont cinq
    regroupent des virus infectant seulement les archéobactéries. Certains
    virus d’archéobactéries sont pléomorphes, alors que d’autres ont des
    formes de bouteilles, de citron, de fuseau[8].

Les bactériophages possèdent un rôle dans les écosystèmes. Par
exemple, dans les écosystèmes aquatiques, ils participent au contrôle
de l’abondance et de la diversité bactérienne. [9]


Virus des plantes



Microscopie électronique de particules du virus de la mosaïque du tabac.





La structure des virus des plantes ou phytovirus,
est similaire à celle des virus bactériens et animaux. Beaucoup de
virus végétaux se présentent sous la forme de minces et longues
hélices. La majorité ont un génome composé d’ARN. Les virus de végétaux peuvent être disséminés par le vent ou par des vecteurs comme les insectes et les nématodes, parfois par les graines et le pollen. Les virus peuvent aussi contaminer la plante par l’intermédiaire d’une blessure ou d’une greffe.
Différents types de symptômes peuvent apparaître sur la plante
infectée. Les virus peuvent provoquer des taches ou des flétrissements
sur les feuilles et les fleurs. Des tumeurs peuvent survenir sur les
tiges ou les feuilles.
Le virus de la mosaïque du tabac (TMV ou tobamovirus) est un exemple très étudié de virus de végétaux.
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MessageSujet: Re: le virus   Dim 22 Juin - 18:43

Virus des insectes [modifier]


Les baculovirus sont des virus d’insectes très étudiés. Ils infectent principalement les lépidoptères.
La larve de l’insecte s’infecte en ingérant de la nourriture. À partir
du tube digestif, l’infection peut se transmettre aux autres tissus.
L'utilisation de virus pathogènes d'invertébrés dans la lutte contre
les insectes ravageurs des cultures et des forêts pourraient être l'un des moyens pour limiter ou remplacer les insecticides chimiques.
Les baculovirus sont aussi utilisés en biologie moléculaire pour exprimer un gène étranger (protéine recombinante) dans des cultures de cellules d'insecte.
Par ailleurs, certains virus de végétaux sont transmis par des invertébrés mais ne se multiplient pas chez ces vecteurs.

Virus des champignons


Les virus des champignons sont particuliers car ils se propagent lors de la fusion cellulaire. Il n'y a pas de virions extracellulaires. Chez les levures comme Saccharomyces, les virus sont transmis au moment du brassage cytoplasmique lors de la fusion cellulaire. Les champignons filamenteux comme Penicillium ou le champignon de Paris Agaricus bisporus peuvent également être infectés par des virus. Cela peut entraîner des problèmes lors de production.

Virus et maladie chez l'Homme



Virus Ebola.





Le rhume, la grippe, la varicelle, la rougeole, la mononucléose infectieuse sont des exemples de maladies humaines virales relativement courantes. Des maladies plus sévères comme le SIDA, le SRAS, la grippe aviaire, la variole sont aussi causées par des virus. Le virus Ebola entraîne des fièvres hémorragiques. La capacité d’un virus d’entraîner une maladie est décrite en terme de virulence.
Les virus possèdent différentes stratégies, différents mécanismes
grâce auxquels ils peuvent produire des maladies. Le virus pénètre dans
une cellule hôte spécifique et prend le contrôle de ses fonctions
normales. Au niveau cellulaire, les effets cytopathogènes des virus
peuvent entraîner divers effets néfastes. Les capacités de synthèse des
protéines des cellules infectées peuvent être inhibées, la chromatine est fragmenté par des enzymes virales. Des particules virales s’accumulent dans le cytoplasme
ou le noyau des cellules infectées. Les virus peuvent ensuite provoquer
la lyse et la mort des cellules hôtes. La lyse des cellules entraîne la
libération des particules virales et permet la dissémination du virus.
Lorsque le virus pénètre dans une cellule non permissive, il ne peut
pas se multiplier. Son génome peut cependant subsister sous la forme
d’un épisome
libre ou intégré au génome cellulaire. Il y a transformation cellulaire
virale lorsque le génome du virus entre en interaction avec l’ADN du
génome cellulaire. On appelle ces virus des virus oncogènes. Parmi ceux-ci, les rétrovirus, en s’intégrant dans le génome cellulaire, peuvent devenir tumorigène et possèdent donc la capacité d’entraîner des cancers.
La classification des principaux groupes de virus et leur
correspondance en pathologie, se trouve dans l'encyclopédie médicale
Vulgaris. Elle est basée sur le type de molécule d'acides nucléiques
(ARN ou ADN) qui constitue la particule virale ou virion.[1]

Prévention et traitement



Le virus de la polio.





Étant donné que les virus utilisent la machinerie cellulaire de
l’hôte pour se reproduire à l’intérieur même de la cellule, il est
difficile de les éliminer sans tuer la cellule hôte. L’approche
médicale la plus efficace est la vaccination qui permet de résister à l’infection. Divers médicaments permettent de traiter les symptômes liés à l’infection. Les patients demandent souvent à leurs médecins qu’ils leurs prescrivent des antibiotiques, mais ils sont sans effet sur les virus. Les antibiotiques interfèrent en effet avec des constituants ou le métabolisme des bactéries et permettent donc de traiter seulement les maladies d’origine bactérienne.
Si les virus sont considérés comme des particules non vivantes en
dehors du contexte cellulaire, ils ne peuvent pas être « tués » mais
sont inactivés. Divers méthodes de désinfection in vitro permettent d’inactiver les virus (hypochlorite de sodium à 1 %, éthanol à 70 %, glutaraldéhyde à 2 %, formaldéhyde).

Application


Les virus sont importants pour l’étude de la biologie moléculaire et la biologie cellulaire,
car ils fournissent des systèmes simples qui peuvent être utilisés pour
la manipulation et la compréhension des fonctions cellulaires. Par
exemple, les virus présentent en général un matériel génétique
simplifié et aident à la compréhension des mécanismes moléculaires de
la génétique comme la réplication de l’ADN, la transcription, les modifications post-transcriptionnels de l’ARN, la traduction, le transport des protéines et l’immunologie.
Les virus peuvent de plus être utilisés comme vecteur
pour introduire un gène dans une cellule. Cet outil est utilisé par
exemple pour permettre à la cellule de produire une protéine
recombinante ou pour étudier l’effet de l’introduction du nouveau gène
dans le génome.
Certains virus sont utilisés en thérapie génique
comme vecteur, pour soigner diverses maladies. Dans certaines maladies
génétiques, un gène défectueux provoque les symptômes. Les virus
vecteur permettraient de cibler des cellules spécifiques et remplacer
le gène en question par un gène normal.
Les virus sont également utilisés dans la lutte contre le cancer.
Certains virus sont capables de détruire spécifiquement des cellules cancereuses.
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